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Lécluze de Thilloy. ■ ■ 47
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voit certainement que faire à tout cela fe trouve infulté dans la même page. Il eft vrai qu'étant jeune U monta- fur le théâtre, mais il y a plus de 25 ans qu'il exerce avec honneur: la profeffion de dentifte. Il eft faux qu'il loge chez moi ; il y eft venu il y a un an pour avoir foin des dents dc ma nièce Je le traite, dit-il (Fréron), comme un frère et il infinue que je ne fais nulle différence entre une demoifelle de condition du nom de Corneille et un acteur de la foire. J'ai reçu M. de Lécluze avec amitié et avec la diftinction que mérite un chirurgien habile et un homme très-eftimable. Ily a d'ailleurs quatre mois entiers qu'il n'eft. plus chez moi et qu'il exerce fa profeffion à Genève, où il eft très-honorablemery. accueilli. » Voltaire ne se borna pas à cette lettre, il fit signer encore a Lécluze une procuration qu'il envoya à Lebrun, et dans laquelle il le chargeait d'intenter en son nom un procès en calomnie à l'auteur de l'Année littéraire; mais ce procès n'eut pas lieu, et l'affaire en resta là. En 1778, Lécluze ouvrit i la foire Saint-Laurent un théâtre qui devait s'appeler plus tard les Variétés-Amusantes, et y fit représenter des pièces du genre poissard, dans le goût de celles de Vadé, et où lui-même, malgré ses soixante-sept ans, jouait encore avec verve et gaité. Malheureusement les entreprises théâtrales exigent beaucoup de fonds et Lécluze avait peu d'argent. A peine la salle où il comptait définitivement s'installer sur le boulevard était-elle construite qu'il fil faillite, et dut sc retirer avec 44,822 livres de dettes et se réfugier au Temple, asile inviolable ouvert alors aux débiteurs insolvables. Deux danseurs de l'Opéra, Maher et Hamoire, (1) lui succédèrent dans la direction de son théâtre, auquel ils donnèrent le nom de spectacle des Variétés-Amusantes et durent, pour entrer en possession, s'engager : 10 à payer ses dettes ; 2° à lui faire une pension de 4,000 livres, et 3° à lui donner une gratification particulière toutes les fois que l'on jouerait le Postillon, pièce qu'il avait composée et
(1) Maher ct Hamoire ne gardèrent la direction des Variétés quc jusqu'en 1784, epoque où ils furent cvinccs par Gaillard ct Dorfcuillc, cessionnaires du privilege des spectacles forains attribué par le roi à l'Opéra. C'est cn vain qu'ils réclamèrent ct qu'ils firent un proces ; ils le perdirent ct furent ruines. '
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